Revue de presse

 

 

L’édito de Jacques Pradel

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Une émission consacrée à l’un des plus grands scandales judiciaires du XXème siècle, quasiment inconnu du grand public. Une erreur judiciaire volontaire pour faire tomber un docker-syndicaliste gêneur. « Une deuxième affaire Dreyfus » !

Jules Durand, syndicaliste docker charbonnier accusé à tort, en 1910, d’avoir prémédité l’assassinat d’un contremaître. L’histoire d’une machination contre le mouvement syndical émergeant.

Nous sommes en 1910. Jules Durand est un syndicaliste libertaire, docker-charbonnier du port du Havre. Il est l’un des principaux animateurs d’une grève illimitée contre l’extension du machinisme et la vie chère.À la suite d’une machination, il est accusé d’être le « responsable moral » de l’assassinat d’un chef d’équipe non-gréviste, en réalité tué lors d’une rixe entre ivrognes.

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Jules Durand, le Dreyfus du Havre défendu par René Coty

Jules Durand, c’est l’histoire d’un procès oublié au cours duquel René Coty, alors avocat, a défendu l’ouvrier du Havre, victime de la plus grande erreur judiciaire du XXe siècle.

Jules Durand ou l’histoire d’un innocent oublié.

La commémoration du 50e anniversaire de la mort du président René Coty est l’occasion, pour l’association Les amis de Jules Durand, de rappeler à la mémoire des Havrais et de la famille de son ancien avocat, l’effroyable erreur judiciaire dont fut victime l’ancien ouvrier havrais.
Tout commence le 9 septembre 1910, sur le port du Havre. Alors que le port est paralysé par une grève depuis trois semaines, Louis Dongé, un ouvrier charbonnier, mais aussi un « renard » (briseur de grève, ndlr. Dongé travaillait pour la Compagnie générale transatlantique pendant le mouvement social), décède suite à une rixe qui l’a opposé à des ivrognes.
Ce qui aurait dû rester une « simple » affaire d’homicide entre ouvriers enivrés prend une tournure politique, deux jours plus tard, quand Jules Durand est arrêté à son domicile du quai de Saône. Avec les frères Boyer, membres du syndicat des charbonniers, Jules Durand, secrétaire du même syndicat, est inculpé pour complicité d’assassinat, guet-apens et crime avec préméditation. Ce 11 septembre 1910, Jules Durand quitte la maison parentale du quai de Saône, sain d’esprit et confiant en la justice : il y reviendra quelques mois plus tard, brisé par un parcours judiciaire tortueux et rendu fou par l’emprisonnement.

Qui était Jules Durand ?

À l’époque où se déroulent les faits, Jules Durand est âgé de 30 ans, presque le même âge que René Coty, 28 ans, quand il assurera la défense de l’ouvrier dans ce procès inique. Durand est un syndicaliste, membre actif du syndicat des charbonniers. Alors que ses collègues ouvriers sont rongés par l’alcool et n’ont pas reçu d’éducation, Jules Durand, lui, a suivi les cours du soir du cercle Franklin et est membre d’une ligue anti-alcoolique, encourageant ses camarades ouvriers à s’affranchir de l’alcool.
Durand est très investi dans la grève qui se déroule en cette fin d’été 1910, mais il est décrit comme une personne pondérée, qui appelle au calme et n’attise pas les conflits. Sa vie s’arrête quand, le 10 septembre 1910, lendemain de la rixe fatale pour Dongé, une plainte est déposée. La machine judiciaire s’emballe, entraînant Durand dans ses méandres.

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